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  • Photo du rédacteurEric Le Ker

Nymphéas Noirs - de Michel Bussi


Michel Bussi est à présent reconnu comme un des maîtres français du Polar, il en a déjà écrit une quinzaine. Il se classe même en 2020 en seconde position des écrivains français les plus lus dans le monde tous genres confondus, avec 1 million de livres vendus !


Géographe de formation, ses livres se caractérisent par un grand soin apporté aux lieux (lire « code Lupin » excellent pastiche du « Da Vinci Code »), et un sens du mystère et du « twist final » qui le hissent au niveau des plus grands maîtres anglo-saxons.


Dernière consécration : ses livres font l’objet d’adaptations télés : après une première mini-série « maman a tort » diffusée en 2018 sur France 2 et « un avion sans elle » en 2021 sur M6, « le temps est assassin » nouvelle série adaptée de son œuvre, va sortir sur TFI fin 2021.


Paru en 2011, « Nymphéas noirs » est souvent considéré comme son chef d’œuvre. Roman très primé et adulé par la critique comme par ses lecteurs, ce livre va offrir à Michel Bussi la reconnaissance française et internationale qu’il mérite.


Malgré une trame de départ relativement classique (un meurtre, des suspects, une enquête), plusieurs facteurs se combinent pour expliquer ce succès :

  • Le lieu où se déroule l’action, le village de Giverny en Normandie, est mondialement connu comme abritant la maison de Claude Monet ; le drame se déroule dans ces lieux cultes, apportant un contraste saisissant entre la beauté de la nature et de sa transcription sur toile (les célébrissimes Nymphéas) et la noirceur de l’intrigue.

  • La galerie de personnages : le jeune commissaire Laurenc et son adjoint Sylvio notamment, mais surtout l’extraordinaire trio féminin : la vielle dame, la dangereusement séduisante Stéphanie, et la brillante Fanette âgée de 11 ans. En y ajoutant un mari jaloux, un riche médecin parisien collectionneur de tableaux et de conquêtes féminines, une veuve éplorée, les jeunes chevaliers servants de Fanette et un vieux peintre américain dévoré de passion inassouvie, Bussi constitue un cocktail explosif qui conduira aux drames exposés dans ce roman de 444 pages.

  • La construction et la trame du roman : difficile de trop en révéler pour ne rien gâcher du plaisir des futurs lecteurs, mais c’est le principal tour de force du roman : la structure narrative tantôt introspective (menée par la vielle femme) tantôt descriptive des évènements qui se succèdent créent une dynamique et une addiction digne des meilleurs « page Turner » des grands du polar. Le twist final enfin est une totale réussite par son originalité et sa maîtrise et restera gravé dans votre mémoire. Bussi a su nous égarer pour mieux nous surprendre et nous toucher dans un beau de tour de passe-passe totalement maîtrisé.

Dans le village de Giverny, imprégné et façonné par l’héritage de Claude Monnet, nous partons donc à la découverte de trois femmes autour desquelles se construit et se concentre l’intrigue.


Tout commence lorsque le cadavre de Jérôme Morval est découvert dans le ru de l’Epte, le courant d’eau qui alimente le fameux bassin aux Nymphéas de Monet. Sur lui, on trouve une carte postale évoquant l’anniversaire d’un enfant de 11 ans.


Le jeune inspecteur Laurenc Sérénac, et son adjoint Sylvio Benavidès mènent l’enquête, trois pistes s’ouvrent à eux : un meurtre d’origine passionnelle, une vengeance liée à un ou des enfants de 11 ans, ou bien une affaire plus vénale autour du trafic d’œuvres d’art.


Difficile de ne pas s’abandonner à ce livre très prenant, même les lecteurs de polar les plus chevronnés risquent bien de se laisser prendre dans les filets de Michel Bussi, dont l’élégance du style n’a de pair que sa capacité à nous fourvoyer et nous étonner.


« Nymphéas noirs » est un très beau roman, dont j’ai en outre apprécié la conclusion, très émouvante en laissant une grande liberté d’extrapolation au lecteur.


Je le recommande sans modération, aussi bien aux amateurs de polar, qu’à ceux qui apprécient les lectures plus classiques et enfin aux amoureux de Giverny et de l’œuvre de Claude Monet.


Eric Le Ker


Nymphéas noirs – Michel Bussi – Presse de la Cité - 01/2011 - 444 pages


Prix littéraires :

2011, prix des lecteurs du festival Polar de Cognac

2011, prix du polar méditerranéen (festival de Villeneuve-lez-Avignon)

2011, prix Michel Lebrun de la 25eme heure du Mans

2011, grand prix Gustave Flaubert de la Société des écrivains normands

2011, prix des lecteurs du festival Sang d'Encre de la ville de Vienne (« gouttes de Sang d'encre »)

2011, finaliste du prix mystère de la critique , du prix du polar francophone de Montigny-lès-Cormeilles, du prix marseillais du polar, du prix Polar de Cognac, du prix du roman populaire d'Elven, du prix Plume-Libre, du prix plume de Cristal du festival policier de Liège

2014, prix Critiques Libres (site de littérature en ligne) dans la catégorie Policier - thriller

2014, prix Domitys (prix des maisons de retraite)


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