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  • Photo du rédacteurPascal Francois

Les cerfs-volants de Kaboul - de Khaled Hosseini


A l’heure où l’Afghanistan replonge dans les ténèbres du régime islamique des talibans, le livre de Khaled Hosseini, les Cerfs-volants de Kaboul, que je viens de lire, rappelle l'histoire d'un peuple qui n’a connu que la guerre depuis près de 50 ans.


Ce roman n’est pas récent, l’auteur l’a écrit en 2003, et il a connu un succès planétaire. Fils d’un diplomate afghan, et d’une professeur de farsi (langue officielle de l’afghanistan), Khaled Hosseini émigre aux États Unis avec ses parents lors de l’invasion se son pays par les soviétiques.


Les cerfs-volants de Kaboul est le premier roman de l'auteur, celui qui l'a fait connaître par la force de son sujet et la beauté de sa plume.


L’auteur nous parle de l'Afghanistan qu'il a connu, celui des années 60-70 où l'on organisait encore des concours de cerfs-volants dans les rues de Kaboul, où l'on se baladait sans crainte des bombardements. Un pays où les grenadiers donnaient encore des fruits juteux et où les gens respectaient un certain art de vivre. Mais la face de l'Afghanistan a changé avec l'arrivée des russes et du communisme, puis celle des talibans.


Le livre raconte une histoire d’amitié contrariée entre deux enfants à Kaboul. Amir est le fils de Baba, un riche homme d’affaires afghan. L’autre Hassan, est le fils d’un domestique de Baba. Ils sont nés à un an d'intervalle, se sont nourris du lait de la même nourrice, ont grandi tous les deux sans la tendresse d'une mère. Amir et Hassan sont les meilleurs amis du monde, partagent leurs rires, leurs chagrins, leurs jeux et leur passion des cerfs-volants. Amir, est pachtoune et sunnite, la classe dominante afghane. Hassan est un Hazara, chiite et d’une classe dominée par la société afghane.


Les deux garçons faisaient fi de leurs différences. Hassan adore son compagnon de jeux. Amir, avec le temps, se fait fuyant, marque sa supériorité, multiplie les mesquineries, les lâchetés. Leur amitié semblait éternelle jusqu’au jour ou Amir commet l’irréparable, par lâcheté. Une trahison qui les sépare, pour le restant de leur vie.


Amir et son père fuient la guerre avec l'Union soviétique et s'exilent en Amérique. Loin de son pays, de son enfance et de ses remords, Amir s'épanouit, fait de brillantes études, se marie et mûrit. Jusqu'au jour où un coup de fil le ramène en Afghanistan... « Il existe un moyen de te racheter ». Mais ce moyen passe pour Amir par une plongée au cœur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.


Amir va alors se rendre au Pakistan, puis en Afghanistan. Il va y rencontrer Sohrab, un jeune ahghan qu’il va sortir d’un orphelinat. Ce voyage expiatoire, est une via dolorosa qui le conduit vers une révélation impensable qui lui a été caché toute sa vie.


A travers le destin tragique d'Amir et d'Hassan, l'auteur nous livre la détresse d'un pays tombé aux mains d'extrémistes et qui n'est plus que l'ombre de lui-même.


L’histoire du roman est magnifique, même si i y a de nombreux passages très durs. C'est une histoire qui marque, que l’on n’oublie pas. Alliance de nostalgie, de souvenirs, de regrets, de remords, d'amour, de haine, d'envie. C'est avant tout l'histoire de la vie où quelques secondes d'une vie peuvent la changer à tout jamais. Et ceci est valable pour tous les protagonistes de ce livre.


Un livre aussi sur l'espoir et la confiance.


Coup de coeur aussi pour pour les personnages du roman. Hassan et sa bouille ronde, sa gentillesse, son innocence, sa dévotion, son amitié bafouée mais indéfectible. 'Baba'', le père d'Amir, un homme entier, courageux, exigent mais juste, qui n'a pas hésité à laisser derrière lui tout ce qu'il possédait pour assurer à son fils un avenir meilleur aux Etats-Unis. Et Amir, victime de ses sentiments contradictoires, de sa jalousie, de sa lâcheté, de son désir perpétuel de faire oublier à son père que sa mère est morte en le mettant au monde.


Et coup de coeur pour ce pays au destin tragique où les cerfs-volants n'éclaboussent plus le ciel de leurs couleurs chatoyantes depuis tant d’années, où les Bouddhas de Bamiyan ont été détruits au Printemps 2001, il y a tout juste 20 ans, au soit-disant nom du respect de la religion, celles des Talibans.

Un bel hommage à l'Afghanistan et aux Afghans. Une histoire passionnante, bouleversante, magnifique, inoubliable.


Bonne lecture


Pascal Francois


Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini – Belfond – 2005 -384 pages




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