sur les traces du Goncourt 2021 : 1 - Soleil Amer - de Lilia Hassaine

Chaque année, le Prix GONCOURT, agé de 118 ans, est le rendez-vous incontournable des prix littéraires de l'automne. Au Plaisir de Lire se propose jusqu'au 3 Novembre ( date de révélation du prix de l'année ) de faire un détour parmi les romans en compétition pour vous les faire découvrir ...


Aujourd'hui : SOLEIL AMER, de Lilia Hassaine - paru aux éditions Gallimard en aout 2021


Née en 1991 à Corbeil-Essonnes, Lilia Hassaine, a publié son premier roman en 2019. La journaliste de l'émission TV Quotidien s'attaquait dans L'oeil du paon (Gallimard) à la question de l'intégration. L'ouvrage faisait déjà notamment partie des lectures d'été 2020 de l'académie Goncourt.


Avec Soleil amer, l'autrice publie son second roman. Elle traite ici de l'histoire d'une famille sur trois générations.


Le roman démarre en 1959 en Algérie. Naja y élève seule ses trois filles : Maryam, Sonia et Nour. Son époux est parti en France. Saïd travaille dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt. Quelque années plus tard, en 1965, le couple et leurs enfants se rejoignent en banlieue parisienne dans un logement social. La mère tombe à ce moment enceinte de deux faux jumeaux.

Elle décide de faire don d'un des nourrissons à Kader, le frère de Saïd, qui ne peut pas avoir d'enfant avec sa femme. "Saïd leur donne son aîné, qui se prénommera Daniel et sera élevé bourgeoisement, à la française. Lui garde Amir, plus chétif, taiseux mais surdoué, notamment en dessin. Lequel sera victime de son statut social. Nul n'a le droit de révéler aux jumeaux qu'ils sont frères. Néanmoins, quelque chose de fort les unit",

Une troisième partie se déroule en 1997. Après le décès d'Amir, Daniel part en Algérie à la recherche de ses origines. Il est accompagné de ses deux filles, dont l'une s'attaque à l'écriture d'un roman.

La double culture en héritage...


Avec ce deuxième roman, Lilia Hassaine aborde la question de l’intégration des populations algériennes dans la société française entre le début des années soixante et la fin des années quatre-vingt. De l'âge d'or des cités HLM à leur abandon progressif, c'est une période charnière qu'elle dépeint d'un trait. Une histoire intense, portée par des personnages féminins flamboyants.

Enfin, et c'est certes un détail, mais le titre du livre et l'incipit faisant allusion au Bateau Ivre de Rimbaud ne pouvaient que me toucher. «Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer"


Oui, c'est vrai, il y a de cela dans cette histoire, l'espoir du départ et la désillusion à la fin.


Pascal François

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