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  • Photo du rédacteurPascal Francois

Sur les traces du Goncourt 2021 : 2 - Parle tout bas - d'Elsa Fottorino

Chaque année, le Prix GONCOURT, agé de 118 ans, est le rendez-vous incontournable des prix littéraires de l'automne. Au Plaisir de Lire se propose jusqu'au 3 Novembre ( date de révélation du prix de l'année ) de faire un détour parmi les romans en compétition pour vous les faire découvrir.


Aujourd'hui : PARLE TOUT BAS, d'Elsa Fottorino - paru aux éditions Mercure de France en août 2021.


Fille de l'écrivain Eric Fottorino, Elsa Fottorino, avec Parle tout bas paru aux éditions Mercure de France, publie son quatrième roman.


Elle s'inspire de son parcours personnel. Une histoire de "l'horreur banale", prévient l'autrice dès la première page du livre. Âgée de 19 ans en 2005, elle est victime d'un viol dans les bois. Elle porte plainte mais l'affaire est classée sans suite. Douze ans plus tard, elle reçoit un coup de fil de la police judiciaire. Le suspect a été retrouvé et arrêté pour une autre affaire. La narratrice doit témoigner au procès, même si on lui propose également de se porter partie civile.


Ecrit à la première personne du singulier, le roman d'Elsa Fottorino partage l'itinéraire d'une victime de viol : les démarches juridiques, la vie qui continue, la mémoire traumatique, mais aussi le rapport à ses proches et aux autres. Réaliste, le livre reste une fiction pour laquelle le lecteur a sa liberté d'imaginer et de compléter des parties du récit. "Vil. Ou vol. Ou loi", Elsa Fottorino fait le récit d'une "anomalie" qu'elle ne veut pas nommer.


Dans Parle tout bas l'autrice nous livre le quotidien des victimes d'un viol. Avec pudeur et humanité, elle nous parle, nous explique la vie pendant et après un viol. Ce roman pas bien épais, bouleversant, est écrit avec sensibilité.


Au travers des lignes, on y découvre le traumatisme qui impacte la vie de la narratrice sans pour autant qu'elle l'admette. On y découvre les phrases surfaites du juge, des avocats, des policiers, ces mêmes phrases qui sont censées apaiser et faire oublier.


Mais peut-on oublier ? Peut-on se reconstruire ? Comment 12 ans plus tard peut-on être capable de vivre à nouveau l'horreur ? L'autrice aborde avec finesse la façon dont les victimes peuvent surmonter différemment le viol.


C'est un roman sobre et bouleversant, intime et universel, qui dit sans fard le quotidien des victimes et la complexité de leurs sentiments.


L'ouvrage a également été retenu dans la première sélection du prix Femina 2021. Elsa Fottorino, écrivaine et journaliste avait déjà fait partie en 2010 de la première sélection Goncourt pour Mes petites morts (Flammarion)


Pascal François

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