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Mo Malø ou la Passion du Groenland ! l'interview de Pauline Julou


Notre nouveau Portrait d’Auteur est consacré à Frédéric Mars, 53 ans, scénariste, auteur français d'essais, documents, livres illustrés, de bandes dessinées ainsi que de romans jeunesse, publiés sous diverses identités.


Sous le pseudonyme Mo Malø, aux consonances nordiques, il publie des thrillers dont les intrigues se déroulent au Groenland : les enquêtes de Quaanaaq, chef de la police à Nuuk. (voir notre chronique de Nuuk)



APDL : Bonjour Mo, ou Frédéric, je ne sais trop comment vous appeler ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté de répondre à notre interview, nous sommes ravis d’avoir l’opportunité de vous faire connaître à nos lecteurs, si ce n’est pas déjà le cas !


FP : Merci à vous !


APDL : Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours de vie ? Vous avez eu plusieurs vies professionnelles avant de devenir écrivain, comment l’écriture est-elle parvenue jusqu’à vous ?


FP : L’écriture comme mode d’expression privilégié s’est imposée à moi assez tôt, dès mes 9-10 ans. Je n’étais doué ni pour le dessin, ni pour la musique, ni pour le sport… En revanche, assez vite, mes professeurs, à l’école primaire puis au collège, m’ont fait comprendre que je m’exprimais plutôt bien par écrit, que j’avais un « petit truc » que la plupart de mes camarades n’avaient pas.

Ça ne faisait pas de moi un génie, ni même un enfant très précoce, mais juste quelqu’un avec des prédispositions, une sorte de facilité de plume. Leurs compliments et encouragements ont été déterminants pour moi, en particulier en CM2 puis en 6e. Et puis, j’étais un enfant très rêveur. Ma vie imaginaire et intérieure, en particulier mes rêves eux-mêmes, me semblait au moins aussi importante que la « vraie » vie ». J’avais très envie de fixer ça – à ce stade, plus pour moi-même que pour le partager avec d’autres.

Plus tard, à la fin du secondaire, mon intention première a été d’être scénariste pour le cinéma. Mais un concours de circonstances m’a plutôt poussé vers la voie du journalisme (formation au Celsa), où j’ai officié pendant près de dix ans avant de revenir à la fiction.


APDL : Comment vous est venue l’idée d’écrire des thrillers du Grand Nord ?

FP : Le Groenland me fascinait depuis que j’étais gamin : cette grande île blanche sur les atlas, dont on ne savait pas grand-chose, un vrai écran sur lequel projeter mes songes. Quand j’avais environ 5 ans, ma marraine m’a ramené un jouet d’un voyage qu’elle avait fait là-bas, un ukpik, c’est-à-dire une figurine de chouette harfang en peau de phoque. J’adorais ce jouet et je m’interrogeais beaucoup sur la culture dont il était issu.

Et il y a quelques années seulement, soit plus de quarante ans après, je me suis mis à me documenter en profondeur sur ce pays et sur la culture inuite. J’ai découvert un pays absolument crucial pour l’avenir de la planète et de l’humanité – d’un point de vue climatique, bien sûr, mais aussi énergétique et géopolitique – et dont nous occidentaux ne savons rien ou presque. Plus étonnant encore, aucun auteur de polar danois, pourtant légitime sur le sujet, n’en avait encore fait son « terrain de jeu » dans le cadre d’une série de romans. J’ai donc eu envie de partager mon intérêt et mes propres découvertes avec les lecteurs français, sous cette forme populaire qu’est le roman policier.


APDL : De plus, à quel moment le Groenland est-il devenu un lieu important pour vous et votre inspiration ? Votre volonté est-elle de faire connaître ce pays méconnu du plus grand nombre ?


Passé ce premier temps, je suis allé sur place, et c’est évidemment là que mon intérêt est devenu une véritable passion, dévorante même. Quant à faire découvrir le Groenland, oui, bien sûr, comme je l’ai dit précédemment. Mais mon but n’est pas non plus d’être le déclencheur (en toute modestie) d’une vague touristique, comme l’Islande en connait depuis 20 ans.


De manière un peu présomptueuse, j’ai tendance à dire que si les Français découvrent le Groenland à travers mes livres mais ne s’y précipitent pas en masse, c’est tant mieux. Qu’on laisse les Inuits vivre en paix ! Cela dit, le pays n’a besoin de moi pour se préserver par ses propres moyens : le climat ultra-rigoureux, les difficultés d’accès et de déplacement à l’intérieur du pays, des infrastructures d’accueil encore très limitées, etc. Tout cela dissuade pour l’instant les grandes ruées touristiques venues d’Europe, d’Amérique ou d’Asie.


APDL : Vous avez créé des personnages attachants et perspicaces. J’imagine qu’après plusieurs romans à leur côté ils deviennent un peu de la famille, comptez-vous faire perdurer leurs aventures dans plusieurs romans encore ?