• Eleanore Ly

Vent d'Est, vent d'Ouest - de Pearl Buck


Eleanore LY - jeune auteure pour laquelle nous avons publié récemment une chronique de son dernier roman "Pour que s'envolent les hiboux" ( lire la chronique ) et une interview, est aujourd'hui l'invitée du Blog pour une chronique de sa dernière lecture -"Vent d'Est, Vent d'Ouest " de Pearl Buck, auteure américaine du XX° siècle.


La double culture est une richesse. Elle est aussi synonyme de bien des obstacles. J’en suis un parfait témoignage. Née en France, je ne suis pas vraiment française. Asiatique en apparence, je ne suis pas vraiment d’Asie. L’Orient est souvent opposé à l’Occident. Je me trouve pourtant entre ces deux mondes.


C’est pour cela que Vent d’Est, Vent d’Ouest a résonné de bien des voix en moi. Et qu’aujourd’hui encore, si je ne devais citer qu’un livre, ce serait celui-ci.


Vent d’Est, Vent d’Ouest est la première œuvre publiée de Pearl Buck, géniale romancière de la première moitié du 20ème siècle. Cette américaine, prix Nobel de littérature en 1938, a passé l’essentiel de sa vie en Chine. C’est dire si elle connaît ce pays, son peuple, et ses coutumes.


Vent d’Est, Vent d’Ouest, c’est l’histoire d’une famille chinoise des années 1920 qui, au travers de sa nouvelle génération, connaît un profond bouleversement.


La fille unique, Kwei-Lan, et aussi narratrice dans le roman, a été éduquée toute sa vie dans le but de plaire à son futur mari. Ce dernier est un homme de son pays. Il est néanmoins différent, car il a vécu une partie de sa vie en Occident. Ce décalage sera source de profonds désespoirs pour Kwei-Lan, car tout ce qu’on lui a enseigné devient obsolète, inapproprié. Pour conquérir le cœur de son mari, elle n’a d’autre choix que de changer sa manière de penser.


J’ai moi-même été élevée selon des principes en inadéquation avec le pays dans lequel je grandissais. J’ai connu les incertitudes qui nous assaillent quand on veut à la fois s’intégrer, mais aussi respecter les valeurs inculquées. Parfois, malheureusement, cette combinaison est vouée à l’échec, et la seule porte de sortie est l’adaptation.


Le frère de Kwei-Lan est le seul héritier de la famille. Il a choisi une occidentale pour épouse, bravant ainsi les lois et les coutumes ancestrales. Mais cette union n’est pas reconnue par ses parents, qui relaient la jeune femme au rang d’étrangère, impure et indigne de leur sang et de leur rang.


Pearl Buck ne se contente pas de relater les émois de Kwei-Lan. Au travers du frère, elle aborde le sujet du mariage mixte, quasi inexistant à son époque. L’épouse est américaine, habituée à la liberté, instruite. Parviendra-t-elle à se faire accepter ?


Si ce type de mariage est banalisé de nos jours, il n’en demeure pas moins que faire entrer dans sa famille une personne avec des origines différentes est un véritable combat. Pas celui des corps, certes. Mais se forger une place nécessite une bonne dose de persévérance et de courage.


Vent d’Est, Vent d’Ouest est un magnifique écho aux tourments qu’a pu connaître tout un pan de ma génération, celle d’enfants asiatiques ayant vu le jour sur une terre autre que celle de leurs parents. Plus tard, une grande partie d’entre eux se sont mariés à des occidentaux, favorisant le métissage et le melting-pot des cultures.


Cependant, même si la Chine a bien évolué par rapport à celle qu’a connu Pearl Buck, bien des valeurs restent d’actualité en Asie : le respect des parents, la place de l’épouse, la loyauté des enfants.


Je voudrais invoquer une autre raison pour laquelle j’ai choisi Vent d’Est, Vent d’Ouest pour cette chronique. La plume de Pearl Buck est, de mon point de vue en tout cas, d’une beauté époustouflante.


C’est aussi en découvrant Vent d’Est, vent d’Ouest que la passion de l’écriture m’a animée, et je resterai à jamais habitée par la poésie de ses textes.


Je ne peux que vous inviter à la découvrir à votre tour.


Eleanore LY


Vent d'Est, vent d'Ouest - Pearl Buck - Livre de Poche

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